Rides péribuccales

Au fil des années, les lèvres, subissent deux évolutions. D’une part, elles ont tendance à s’affiner. Les patients se plaignent alors d’avoir eu à l’époque des lèvres pulpeuses qui sont devenues plus fines et leur donnent un air sévère. D’autre part, avec le temps, de petites lignes verticales traversent l’ourlet des lèvres. D’abord ridules, elles se creusent pour former de véritables rides : les rides péribuccales. Ces marques du temps perpendiculaires sont parfois affublées du nom peu poétique de « code barre ». Elles donnent au visage une expression amère et triste. Les rides péribuccales dessinent un contour de lèvres fendillé qui rend le trait de rouge à lèvre moins net ou le fait carrément filer.

Si vus vous demandez pourquoi, ces rides sont apparues, la raison est simple : tout comme l’ensemble de notre organisme, la peau est soumise aux effets du temps. Au fil des années, la quantité d’acide hyaluronique présente dans notre corps diminue. Entre 40 et 50 ans, notre corps a déjà perdu 50% de sa réserve d’acide hyaluronique. Progressivement, la peau s’affine, s’assèche et perd de son élasticité. C’est pourquoi avec l’âge, l’harmonie globale de votre visage évolue : vos joues et pommettes se creusent, certaines rides jusqu’ici inexistantes deviennent visibles, l’ovale et les contours de votre visage se modifient. Alors que la diminution de production naturelle d’acide hyaluronique provoque des rides, la perte de volume est une conséquence de la migration de graisse vers le tiers inférieur du visage. Il en résulte un visage plat avec des contours mal définis et des lèvres plus fines. Le vieillissement est cutané est certes inéluctables mais il existe aujourd’hui de nombreuses solution pour en défier les signes.

Les différents traitements possibles

Plusieurs solutions permettent de gommer les rides péribuccales. L’observation minutieuse réalisée par votre médecin lui permettra de vous proposer celle qui sera la mieux adaptée à votre situation.

Si le patient présente une lèvre dont l’anatomie est jugée « à peu près normale, mais très striée », le médecin conseillera plutôt une technique de décapage. Il s’agit d’un « resurfaçage » au laser permettant de brûler les petites ridules . Dès lors que la lèvre est jugée « anormale », le recours aux techniques d’injection est plus adapté.

Les traitements dits « de surface » vont lisser la région en réalisant une exfoliation qui homogénéisera la surface cutanée. Les traitements dits « volumateurs », vont traiter les creux des ridules par remplissage fin et précis, l’objectif étant de ne pas changer l’aspect naturel du volume des lèvres. Qui dit injection dit obligatoirement modification du volume et donc hantise des lèvres caricaturales de magazines people ou de pauvres patients rencontrés dans la rue.

Traitements de surface

En lissant  les ridules présentes, le peeling peut améliorer la région péribuccale. Le médecin préfèrera un peeling moyen (TCA) ou un peeling profond (phénol) pour lisser les reliefs cutanés. Il réalisera une abrasion et détruira l’épiderme et le derme papillaire (partie superficielle du derme). En fonction de la qualité de la peau et de l’importance des ridules à corriger, le chirurgien contrôlera l’intensité de cette brûlure chimique. Après l’intervention,  la couche dermo-épidermique détruite va se restaurer grâce à la cicatrisation. C’est ce phénomène naturel qui gommera les rides par effet de lissage.

L’utilisation de lasers Erbium, CO2 fractionné ou de Radiofréquences pixelisées peut également améliorer grandement les ridules de la région péribuccale. Cette méthode abrasive thermique va chauffer les couches superficielles et moyennes du derme tout en protégeant par le froid l’épiderme. .

La dermabrasion peut être aussi être utlisée pour les ridules péri-buccales. Elle est réalisée grâce à une fraise rotative abrasive qui élimine la couche superficielle de la peau, c’est-à-dire l’épiderme et peut aller jusqu’au derme superficiel. Le médecin jugera de son intensité en fonction de l’importance du défaut à corriger, de la zone à traiter, de la qualité de la peau et du but recherché.

Traitements volumateurs :

L’acide hyaluronique est idéal pour le traitement des lèvres, puisque cette substance est présente naturellement  dans notre organisme et qu’elle est complètement résorbable. Pour le traitement des lèvres le médecin choisira un acide hyaluronique assez fluide, qui a une durée de vie assez limitée dans le temps (six mois).

Pour le traitement des  ridules déjà marquées, le médecin choisira plutôt un acide hyaluronique réticulé qui restera en bonne place et non volumateur. L’objectif est effectivement de ne pas changer la morphologie et le volume de vos lèvres. Il utilisera une technique dite « de quadrillage » perpendiculaire à l’axe des rides, qu’il complétera par des micro-injections au sein des rides.

Le nano-lipofilling est une nouvelle technique permettant de traiter également les  ridules et d’améliorer la qualité cutanée. Le nano-lipofilling permet de traiter les couches supérieures du derme pour en améliorer la texture. La technique est proche de celle utilisée avec l’acide hyaluronique. Il s’agit de remplir les ridules par injection de quantités extrêmement réduites et précises de graisse mais également d’améliorer la texture de la peau grâce à l’apport des facteurs de croissance naturellement contenus dans la graisse réinjectée.  Le médecin recourt à des canules d’un diamètre extrêmement fin, pour réaliser des injections de manière précise et perpendiculairement aux ridules.

Gestes médicaux

Pour l’injection d’acide hyaluronique :

Pour combler les petites stries, l’injection à l’acide hyaluronique faiblement réticulé, doit se faire « ride par ride ». Ce nappage consiste à diffuser en éventail l’acide hyaluronique fluide sous la peau. Cela permet d’éviter les poches et boules et de retendre la peau.  Pour une meilleure tenue du produit, il est conseillé de redessiner le contour des lèvres, en effectuant une injection au niveau de l’ourlet. Cet acte va permettre à la lèvre rouge de s’éverser et va diminuer la hauteur de la lèvre blanche pour recréer sa convexité. Cette technique des canules va modifier l’appui de la lèvre sur le maxillaire et sur les dents. De petites masses d’acide hyaluronique seront injectées en arrière, du côté muqueux de la lèvre afin de modifier un peu sa projection. Le point essentiel dans ce traitement consiste à reconstruire l’arc de Cupidon.  

L’arc de Cupidon est la petite jonction entre la lèvre blanche et la lèvre rouge. Cette petite dépression porte aussi le nom poétique de  « doigt d’ange » en référence à une trace laissée par un être angélique à ce niveau. Cette zone est très sensible et comme pour toute injection des lèvres, une anesthésie locale est réalisée avant le traitement pour un confort optimal

Le médecin fait une effraction cutanée juste au niveau de la commissure, il y passe des canules très fines qui vont permettre de glisser dans l’arc de Cupidon. À rétro, au fur et à mesure qu’il retire la canule, il va injecter de l’acide hyaluronique de façon très régulière, pour ne pas provoquer d’amas, tout le long de l’arc de Cupidon.

Dès l’apparition des premiers signes de fragilisation et de dessèchement de la zone péribuccale, et notamment la déshydratation de la lèvre blanche, un traitement préventif par mésothérapie peut être indiqué. Ce traitement permet de réhydrater en profondeur le derme fragilisé grâce à un apport en acide hyaluronique non réticulé et en poly-vitamines. Pour un résultat durable, une séance annuelle d’entretien est recommandée Cette technique permet de restaurer l’élasticité du derme sans pour autant apporter de volume.

Pour retrouver une lèvre blanche uniforme, repulper, réhydratée et rajeunie, il faut compter 30 minutes de séance.

Comme pour toute injection, il peut survenir des ecchymoses durant quelques jours. Un oedème réactionnel durant 48-72h peut apparaître. Il s’agit d’une l’inflammation causée par le traumatisme de l’aiguille. L’utilisation de canules permet d’éviter les douleurs mais aussi de limiter les bleus et de réaliser un nappage d’acide hyaluronique homogène.

L’injection d’acide hyaluronique est contre-indiquée pour tous ces cas :

– femme enceinte ou allaitante,

– antécédents d’allergie à l’acide hyaluronique,

– infections cutanées en cours (herpès labial notamment),

– maladies auto-immunes non stabilisées depuis au moins 1 an.

NB : les anticoagulants oraux n’étant pas une contre-indication… il est déconseillé cependant de prendre de l’aspirine ou des anti-inflammatoires 7 jours avant la séance, sauf pour raison médicale.

Pour le traitements de surface :

Le peeling moyen est habituellement réalisé au cabinet, sans anesthésie locale. Le peeling profond est quant à lui réalisé au bloc opératoire. Il nécessite une courte anesthésie générale. Dans tous les cas, une seule séance suffit pour obtenir le résultat souhaité.
Immédiatement après le traitement, la zone péribuccale présente des rougeurs et un œdème (gonflement). Après une dizaine de jours, il faudra apporter des soins locaux à la peau avec des crèmes spécialement adaptées. La cicatrisation succèdera à ce laps de temps, mais la peau peut rester irritable, fragile et sèche pendant plusieurs semaines.

Pour la dermabrasion réalisée au bloc opératoire, une courte anesthésie générale est nécessaire. La couche superficielle de la peau abrasée va se restaurer grâce au phénomène naturel de cicatrisation. Durant cette ré-épidermisation, la peau reste fragile et nécessite des soins attentifs. La cicatrisation définitive sera obtenue au bout d’environ un mois.

Pour le nano-lipofilling, une véritable intervention chirurgicale réalisée au bloc opératoire  sous anesthésie locale est à prévoir. Comme pour tout lipofilling, un œdème (gonflement) post opératoire apparaît fréquemment mais ne dure habituellement que 3 à 4 jours.

Pour de plus amples informations